La Huppe fasciée

De la taille du Geai des chênes, la Huppe fasciée ne pèse que 60 à 75 g. Répandue dans les trois-quarts sud du pays, cette espèce migratrice quitte nos contrées dés la fin de l’été pour aller hiverner jusqu’en Afrique du Nord. Si à la mi-février quelques individus peuvent déjà être observés, la plupart ne reviennent qu’en mars. La tête de ce bel oiseau bariolé de roux, de blanc et de noir est ornée d’une huppe roux-orangé – qu’il déploie à loisir selon son inquiétude – et est affublée d’un long bec fin et arqué, aussi ne passe-t-il pas vraiment inaperçu. Son chant est très caractéristique : durant la période de reproduction, le mâle émet un houpoupoup plutôt monotone qui lui sert à marquer son territoire.

La Huppe fasciée s’installe dans les milieux riches en insectes où la végétation est basse ou lâche, voire absente (zones habitées avec parcs et jardins, dunes, pelouses, prairies pâturées…). Son régime alimentaire est très éclectique : principalement des gros invertébrés (coléoptères et des orthoptères ainsi que des escargots, des papillons et leurs chenilles…), parfois des petits vertébrés (amphibiens et lézards). Ce que beaucoup ignorent c’est qu’elle consomme nombre de chrysalides de la Processionnaire du Pin qu’elle trouve en fouillant le sol.

La Huppe fasciée est cavernicole. Son nid a été trouvé à Oléron dans toutes sortes de cavités : arbres creux, nichoirs, trous de mur, vieux tas de pierres ou de collecteurs. Elle s’accommode fort bien de la présence humaine pour peu que cette dernière ne soit pas trop perturbante. La femelle pond 5 à 8 œufs qu’elle seule couve 15 à 18 jours. Le nid de la Huppe fasciée dégage une odeur nauséabonde due à une sécrétion brune émise par la glande du croupion de la femelle et des jeunes. Cette sécrétion – qui vaut à l’espèce son surnom de « puput » (prononcez « pupue ») en patois poitevin-saintongeais – aurait pour rôle de repousser les carnassiers.

En France, la population nicheuse est estimée comprise entre 60 000 et 110 000 couples pour la période 2009-2012, les densités les plus importantes se situant dans le Centre-Ouest, le Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen. L’espèce est considérée en déclin modéré sur la période 1989-2012 avec une remontée des effectifs à partir de 2001. Les données régionales sur la densité de l’espèce sont rares. En 1982, 64 mâles chanteurs ont été recensés à Oléron de la mi-avril à fin mai lors de prospections effectuées sur l’ensemble de l’île par les naturalistes locaux. En 2016, un recensement a été effectué de début avril à début juin par le Marais aux Oiseaux en partenariat avec l’Université du temps libre de Marennes-Oléron (UTLMO). Il a été réalisé à partir d’un réseau de 133 points d’écoute de 10 mn (qui permettra de suivre l’évolution dans le temps de la population insulaire), réseau complété par de nombreuses prospections tous azimuts et une enquête de proximité pour avoir une idée la plus exhaustive possible du nombre de mâles chanteurs : 44 d’entre eux ont été dénombrés, soit un tiers de moins que 34 ans auparavant.

Nichoirs à Huppe fasciée. Photo C.Bavoux

Quelques références parmi d’autres pour en savoir bien plus :

Géroudet (P.) & Cuisin (M.) 2010.– Les Passereaux d’Europe – Tome 1 – Des Coucous aux Merles. Delachaux et Niestlé, Paris.
Olioso (G.) & Issa (N.) 2015.– Huppe fasciée Upupa epops. In Issa (N.) & Muller (Y.) (Éds), Atlas des oiseaux de France métropolitaine. Nidification et présence hivernale. LPO/SEOF/MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris.
http://files.biolovision.net/vienne.lpo.fr/userfiles/telechargements/outarde/Outarde41p3840.pdf
http://www.birdlife.org/datazone/species/factsheet/22682655
http://www.faune-charente-maritime.org/index.php?m_id=30026http://www.oiseaux.net/oiseaux/huppe.fasciee.html
https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Huppe-fasciee.pdf

Photos © Marc Foucault (Huppe fasciée avec une proie) & Christian Bavoux

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