Le Petit-duc scops

Un peu moins gros qu’un merle, le Petit-duc scops vit principalement dans le sud de l’Europe, dans le nord-ouest de l’Afrique, ainsi qu’en Asie, jusqu’en Sibérie occidentale. C’est sans conteste le plus petit des quatre rapaces nocturnes qui nichent à Oléron, les trois autres étant : la Chevêche d’Athéna, l’Effraie des clochers et le Hibou moyen-duc. C’est aussi le seul d’entre eux à se nourrir quasi exclusivement d’insectes. Les 2 365 proies photographiées à Oléron dans les années 1987 et 1988 auprès de 6 nichées comptaient principalement des insectes (89,3 %), surtout des sauterelles, des papillons nocturnes et dans une moindre mesure des phasmes. À noter la capture inhabituelle constatée en 2017 d’un Lézard des murailles à la Morinière (commune de Dolus-d’Oléron). Autre particularité, le Scops est un migrateur au long cours qui va jusqu’en Afrique tropicale (un oiseau né en 1986 sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron a été retrouvé mort l’année suivante en Côte-d’Ivoire).

À Oléron, le Scops se porte apparemment bien : en 2019, 326 mâles chanteurs ont été recensés (300 en 2012) lors de 185 points d’écoute répartis sur toute l’île, contre seulement 46 à 60 de 1981 à 1990 en utilisant le même protocole. Les lieux les plus fréquentés sont sans conteste les bois de feuillus entrecoupés de clairières comme ceux de la Guinalière (Dolus-d’Oléron) ou encore les bois d’Anga et de la Martière (Saint-Pierre-d’Oléron), mais aussi la lisière de la forêt domaniale des Saumonards (Saint-Georges-d’Oléron). Au plus fort de la saison de reproduction, jusqu’à 5 à 6 chanteurs se répondent parfois les uns les autres ! Il serait surprenant que vous n’entendiez pas un seul Scops à la tombée de la nuit lors des chaudes soirées estivales… D’autant que son chant – une sorte de djou répété inlassablement à intervalles réguliers de 2 à 4 secondes – est très facilement reconnaissable.

L’espèce est généralement cavernicole, mais à défaut elle peut occuper un vieux nid de rapace, de corvidé ou de pigeon. Mâles et femelles reviennent souvent nicher au même endroit. La fidélité des couples semble fréquente. À Oléron où divers paramètres de la biologie de reproduction ont été recueillis auprès de 129 nichoirs ayant abrité 144 nids de 1982 à 1990, la ponte compte généralement 4 à 5 œufs déposés principalement fin mai-début juin. La production de jeunes volants est de 2 à 3 par femelle.

La vitalité apparente de la population oléronaise ne doit pas faire illusion car en bien des régions le Scops est considéré en régression. Les principales causes invoquées sont l’arrachage des haies et des bosquets qui le prive de sites potentiels de nidification et la diminution des gros insectes dont il se nourrit suite à l’utilisation massive de produits phytosanitaires. Par endroits, la déprise agricole conduit, quant à elle, à la fermeture des mosaïques paysagères.

Faune Oléron : Petit-duc scops (photo ©.C.Bavoux)
Faune Oléron : Petit-duc scops

Quelques références parmi d’autres pour en savoir bien plus :

Barnagaud (J.-Y.) & Caupenne (M.) 2015.– Petit-duc scops Otus scops. In Issa (N.) & Muller (Y.) (Éds), Atlas des oiseaux de France métropolitaine. Nidification et présence hivernale. LPO/SEOF/MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris.
Bavoux (C.), Burneleau (G.) & Nicolau-Guillaumet (P.) 1991.– Aspects de la biologie de reproduction du Hibou petit-duc, Otus scops. Alauda, 59 : 65-71.
Bavoux (C.), Burneleau (G.), Juillard (M.) & Nicolau-Guillaument (P.) 1993.– Le Hibou petit-duc, Otus scops, sur l’île d’Oléron (France). Régime alimentaire des poussins. Nos Oiseaux, 42 : 159-170.
Géroudet (P.) & Cuisin (M.) 2013.– Les Rapaces d’Europe. Diurnes et Nocturnes. Delachaux et Niestlé, Paris.
http://www.marais-aux-oiseaux.fr/files/2018/03/Scops-habitats-Ol%C3%A9ron-Alauda-2012.pdf
https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Petit-ducscops.pdf

Photos © Jacques Auger (Petit-duc scops avec un papillon dans le bec) & Christian Bavoux

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