Histoire des huîtres d'Oléron

D'après l'histoire, les romains appréciaient déjà les huîtres du bassin de Marennes-Oléron, appelé alors "Mare Santanum". Elles étaient la vedette des banquets et étaient transportées jusqu'à Rome à grands frais. A cette époque, et jusqu'en 1922 où l'espèce fut quasiment entièrement décimée, c'est l'huître plate qui était ramassée et cultivée dans le bassin de Marennes-Oléron. La portugaise prit ensuite le relais, pour être remplacée à son tour par l'huître japonaise devenue l'espèce principale du bassin depuis 1970.
C'est en 1868 que l'huître plate, Ostrea edulis, vit sa suprématie menacée pour la première fois. Le Morlaisien, un navire transportant des huîtres en provenance du Portugal, subit une avarie à proximité de l'estuaire de la Gironde. Malgré les ordres, Hector Patoizeau, capitaine du bateau, préféra larguer sa cargaison à l'endroit où il se trouvait plutôt que d'attendre d'avoir atteint le large. Le stock ainsi déchargé sur nos côtes s'acclimata très bien et proliféra, et l'huître portugaise prit la relève de l'huître plate lorsque celle-ci fut ravagée par la maladie en 1922.
La portugaise, Crassostrea angulata, modifia les méthodes d'élevage et permis le développement de l'ostréiculture moderne. En 1970, cette espèce fut victime à son tour d'une épizootie qui ravagea tout le stock. On fit alors venir du Japon du naissain de Crassostrea gigas, une huître à la croissance plus rapide qui sauva l'ostréiculture française.
Aujourd'hui, les scientifiques, notamment ceux d'Ifremer, continuent l'étude d'autres espèces, de façon à pouvoir réagir le plus vite possible si une nouvelle épizootie survenait...


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