Les lectures de Pierre Joguet Saint-Georges-d’Oléron
Événement à Saint-Georges-d’Oléron : jeudi 13 novembre 2025 à 18h à la médiathèque de Saint-Georges-d’Oléron.
« La nuit est tombée, le couvre-feu passé. Tout le monde est assemblé avec Camille dans le petit bois de la Perrotine, aux cabanes de Fort Royer. La tempête se lève. Il pleut et la nuit est vraiment noire. Félix et m oi-même conduirons le petit groupe à travers les viviers jusqu’aux bouchots. En face, Bellevu e où il y a un poste allemand. »
Pour clôturer le 80e anniversaire du débarquement d’Oléron, 3e débarquement de France, la médiathèque de Saint-Georges-d’Oléron vous invite à découvrir, le temps d’une soirée, les souvenirs de Pierre Joguet entré dans la résistance en juin 1944.
Vous apprendrez quand et comment fut créée la résistance à Oléron et ce que fut la « mission inter – alliés Bickford » presque inconnue jusque-là. Vous vivrez avec Pierre Joguet et Camille Roudat des missions de transport d’armes, de personnes et de renseignements par terre et par mer, avant de débarquer sur la côte Est à bord de la « Bohémienne ».
Puis, les dernières émotions de la journée du 1 er mai passées, c’est à 22 heures près du port de Boyard – qui n’a pas sauté grâce à la vaillante équipe d’Emile Schwartz – que l’armistice sera fêtée chez Signol avec les habitants du village.
En supplément de ce témoignage exceptionnel et inédit, des documents personnels et des portraits seront projetés.
Questions – réponses :
– Qui était Pierre Joguet ?
Date de naissance 9 juin 1917, mort le 3 avril 2008. Après 4 ans de service militaire à la Base Aéronautique Navale de Rochefort, il est démobilisé et reprend ses activités d’ostréiculteur à Boyardville, avant de s’engager dans la résistance en juin 1944. Après la guerre, il continue l’ostréiculture jusqu’à sa retraite.
– Pendant la guerre, quelles étaient ses missions ?
Avec Camille Roudat dont il était le second, ils devaient établir une liaison permanente entre le poste de commandement du capitaine Leclerc et du commandant Fournier, et les résistants d’Oléron. Il fera partie du Corps Franc Marin Armagnac.
– Pourquoi le port de Boyardville pour les échanges avec Marennes ?
Par voie terrestre, c’était évidemment totalement exclu. Le port de Boyardville est devenu le centre névralgique des échanges entre Oléron et Marennes de par sa position géographique et ses aménagements. Pourtant situé entre 2 batteries, celle des Saumonards et celle de Bellevue, ce site présentait l’avantage d’avoir des cabanes ostréicoles à Fort Royer pour abriter des personnes et des armes, un petit bois pour se rassembler discrètement et au sud les bouchots, véritabl e paravent pour les embarquements.
– D’où viennent les textes ?
En 1971 – Pierre écrit s es mémoires de guerre.
En 2005 – Il en donne un exemplaire à Annie Chartier ainsi que des documents personnels, et accepte la divulgation de l’ensemble. Les souvenirs comptaient plus de 100 pages.
Annie Chartier a réduit le texte à 90 pages afin de le faire publier éventuellement. Mais elle a préféré pour l’instant, dans le cadre des commémorations, proposer des extraits de ce récit dans une « soirée lecture ».
– Comment va se dérouler la soirée du 13 novembre ?
Les extraits sont partagés en 3 parties qui couvrent la période de juin 1944 jusqu’à l’armistice. Thierry Lamarque et d’autres participants liront les textes de Pierre Joguet, Corinne Lerolle les textes de liaisons écrits par Annie Chartier. Des intermèdes musicaux avec la violoncelliste Catherine Marchand et des projections de documents par Séverine Cheveau viendront en complément. Les lectures se feront dans la grande salle derrière la médiathèque. Un pot sera offert par la municipalité.
L’entrée est gratuite.
– Quelles sont les aides matérielles ?
La ville de Saint-Georges, un gros soutien logistique par l’équipe de la médiathèque. Le comité de commémoration de la libération Seudre – Oléron pour des prêts de photos.
Conclusion :
Ce n’est pas un travail d’historien qui est proposé ici, mais un témoignage.
Outre l’intérêt historique du récit, on y respire l’atmosphère de l’occupation dans l’île, l’omniprésence des Allemands, l’œil ai guisé des « collabos » , mais aussi, dans chaque village, pour des résistants comme Pierre et Camille, un lit pour dormir, une table où manger.
Saint-Georges-d’Oléron, le 29 octobre 2025
la maire Dominique Rabelle
Photo Pierre Joguet ©Comité de commémoration de la libération Seudre – Oléron

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